Marge chantier : le calcul que 8 artisans sur 10 font mal
« J'ai pris 30 % de marge sur ce chantier. » Non. Tu as pris 30 % de marge sur les fournitures. Et tu as oublié le reste. C'est la phrase que j'entends le plus souvent, et c'est celle qui vide les trésoreries.
Marge brute, marge nette : le piège
La marge brute d'un chantier, c'est ce qui reste après les coûts directs : fournitures, main-d'œuvre sur site, sous-traitance, location de matériel. Beaucoup s'arrêtent là.
Sauf que ta boîte a des frais généraux : véhicules, assurances, local, admin, ton temps de devis et de gestion. Ils tournent entre 15 et 25 % du CA dans une entreprise du BTP. Si tu ne les répartis pas sur chaque chantier, ta « marge » de 30 % est en réalité une marge nette de 5 à 10 %. Un seul imprévu et tu passes en négatif.
Exemple concret : chantier vendu 20 000 € HT. Fournitures 7 000 €, main-d'œuvre 6 500 €, location 500 €.
Marge brute : 20 000 − 14 000 = 6 000 € (30 %). Jusque-là tout va bien.
Frais généraux à 20 % du CA : 4 000 €. Marge nette réelle : 2 000 €, soit 10 %. Trois jours de retard ou une reprise, et le chantier ne t'a rien rapporté.
Les 3 réflexes qui changent tout
- Calcule ta marge AVANT de signer, pas chez le comptable en fin d'année. Chaque devis doit sortir avec sa marge nette prévisionnelle.
- Répartis tes frais généraux sur chaque chantier (en pourcentage du CA ou à l'heure productive).
- Compare le prévu et le réel à la fin de chaque chantier. C'est là que tu découvres où l'argent s'évapore : les heures non prévues, les allers-retours fournisseur, les « pendant que t'y es ».
La marge est un symptôme
Une marge qui fond, ce n'est presque jamais un problème de prix seul. C'est un chiffrage au feeling, des chantiers qui dérapent sans que personne ne le voie, et zéro pilotage. La bonne nouvelle : ça se structure. Je l'ai fait sur mes propres boîtes, de 0 à 19 M€ de CA.
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